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23.04.2007
Les boitiers embarqués : le futur à portée de mains
On appelle télématique embarquée la technologie qui permet à un véhicule de communiquer avec l'extérieur pour transmettre ou recevoir des informations. Ces liaisons se font en général au travers d'un boîtier embarqué lié ou non à une antenne GPS pour situer et suivre le véhicule.
Une certaine frénésie s'est emparée de nous tous à l'idée que nos voitures pourraient recevoir des informations, de la musique, des videos : en fait le bureau ou la maison mobile n'était pas loin.
De nombreuses expérimentations existent : "untertainement on board", dialogue avec des infrastructures pour communiquer et recevoir des info routières ou envoyer des informations techniques à un serveur qui permettra de gérer une flotte en V2M (vehicle to machine), dialogue avec d'autres voitures pour constituer un vrai réseau d'informations en V2V (vehicle to vehicle), envoi et réception d'infos destinées à augmenter la sécurité du conducteur ou des passagers : e-safety.
Les promesses dans tous ces domaines sont légions. Elles verront sans doute le jour sous une forme ou sous une autre dans un délai plus ou moins rapproché. Une seule question à résoudre avant : quel business model pour toutes ces innovations? en gros qui va payer?
S'il est un domaine ou les boîtiers embarqués ont une justification économique certaine, c'est le domaine des remontées d'informations techniques destinées aux professionnels : directions commerciales, directions après vente, responsables de parcs, loueurs de véhicules, constructeurs. Afin d'optimiser la gestion de flottes de véhicules ou la gestion des tournées d'équipes de vente et d'après vente, les informations sur l'état technique du véhicule, le nombre de kilomètres qu'il a parcourus, sa situation géographie sont des éléments indispensables qu'une entreprise est prêtes à payer parce qu'il y a en face de ces dépenses un vrai retour sur investissement. Mais le développement de ces techniques est encore trop long et ce ne sont pas quelques dizaines de milliers de boîtiers plus ou moins évolués qui nous permettent de dire que le marché décolle. Non, le marché décollera quand ce seront plusieurs centaines de milliers de véhicules qui seront équipés chaque année. Comment faire?
Vouloir installer des applications lourdes, compliquées et chères dans les voitures est utile tant qu'il y a un marché c'est à dire des entreprises pour les payer. Cela reste cependant assez marginal. Selon l'adage "qui trop embrasse mal étreint", vouloir bourrer des boîtiers et des applications avec des technologies et des services sophistiqués ne fait que rendre chère l'accès à ces technos.
Il est un domaine où un véritable marché pourrait être développé. C'est celui des remontées d'informations basiques du véhicule comme la remontée des kilomètres parcourus et des alertes techniques. Un boiter rustique branché sur le Can Bus du véhicule et couplé à une carte SIM permettrait pour un coût raisonnable, autour de 5 euros par mois, de connaître ces informations. Les loueurs de véhicules en longue durée par exemple qui achètent 400 000 voitures par an en France sont très désireux ce connaître les kilomètres effectués pour affiner la gestion des contrats, mieux suivre l'entretien, ou donner à leur clients une information enfin fiable pour le suivi des consommations.
Mais quelle technologie? Ce marché très prometteur est aujourd'hui freiné par le manque d'entente des différents acteurs. Chacun cherche à tirer la couverture à lui pensant trouver la « killer application » qui lui permettra de prendre l'avantage sur son concurrent : le loueur, le constructeur, l'opérateur téléphonique. Ca ne marchera pas tant que l'on continuera d'agir ainsi. Ce n'est pas le boiter lui même ou sa technologie qui est important mais les services qui seront imaginés et proposés aux clients à partir des informations fournies par le boîtier.
Il faut un standard de boîtier fourni par les constructeurs en première monte au moins sur les véhicules achetés par les loueurs ou en « after market ».
Le loueurs pourraient s'engager sur des volumes ce qui ferait baisser les prix. Ils doivent s'entendre avec les constructeurs ou les équipementiers pour obtenir ce standard. Mais avant ils doivent se mettre d'accord et faire alliance pour faire avancer ce projet en reléguant au deuxième plan leurs intérêts personnels.
Faute d'une entente sur un standard de boitiers, les différents acteurs pourraient s'entendre sur un format de restitution des informations indispensables. La technologie des boiiers ou du transport de l'information devenant secondaire.
A mon sens c'est la condition pour qu'un vrai marché de masse voit le jour. C'est un marché professionnel avec de vrais enjeux économiques, c'est aussi un marché de volumes qui permettrait de faire décoller de nombreux services périphériques.
Bien sur on peut aussi attendre l'arrivée de l'e-safety en 2009/2010 voulu par l'Europe pour minimiser le nombre de morts sur les routes. Un standard s'imposera à ce moment là. Sera-t-il le bon pour des applications professionnelles? Et puis n'a t il pas déjà du retard ?
22:22 Publié dans Technologie et télématique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : technologie, telematique, electronique, ITS, securité, informations techniques, mileage



